Le Billet de Mère Joséphine

Mère Joséphine

“Lors de la retranscription de ce message, je tiens juste à vous rappeler que Mère Joséphine a vécu, il y a plus de 100ans et que son phrasé est difficile à retranscrire à l’écrit. Lorsque j’ai trop, modifié pour améliorer le français, je me suis faite “tirer les oreilles”, avec un “c’est pas comme ça qu’est ce que je parle”. Nous sommes loin de la canalisation de l’archange Michael ou autres Métatron… Voici le message simple d’une vieille auvergnate qui a pour mission de m’apprendre et de me guider (ce qui n’est pas toujours simple). Je vous souhaite de pouvoir capter l’énergie des mots, l’originalité et l’humour de cette petite vieille bonne-femme.”

“Comment arriver à avancer dans ces temps troublés ?

Il est indispensable de rester dans son axe, dans son chemin.

C’est sur votre propre chemin, votre propre route et uniquement dans cette direction que la paix peut se faire.

Depuis quelque temps, lorsque vous sortez de votre axe, les coups de bâton se font sentir. Les effets secondaires à un manque d’alignement sont rapides et sans appel.

Vous n’êtes plus alignés dans votre couple… Resté par peur de la solitude, le poids de la souffrance sera encore plus lourd que la solitude elle-même.

Prenez des décisions qui vont dans votre sens, dans ce qui est juste pour vous et par contre, c’est l’ouverture rapide qui s’fait. Tout se chamboule, se bouscule, se précipite.

Voui, voui,voui, qu’il est plus simple et tentant de faire profil bas, en restant bien confortablement installé dans son petit confort matérialiste, en attendant que « ça passe »…

Je peux d’ores et déjà vous dire que « ça ne passera pas ».

Les mouvements, les décisions, vos liens entrevous avec vos proches, ami.es, sont vos échappatoires.

Entendons-nous bien, ch’uis pas entrain de cultiver une vision anxiogène d’un pseudo-complot mondial (on a discuté un moment pour trouver ces mots)… Tel n’est pas mon message.

Mon message n’est autre qu’une interpellation, une invitation à grandir à vous-même. Votre profondeur, votre unité, votre accomplissement.

Je ne peux pas non plus dire que nous sommes tous des Gandhi ou Mère Teresa,,, Il n’en reste pas moins que tout un chacun à quelque chose à faire, à son échelle, dans son domaine.

Il est donc temps de plonger dans son propre intérieur, par le mouvement, par la création, par les liens que vous entretenez avec vos ami.es.

Tout comme Rome ou Clermont-Ferrand ne se sont pas faites en un jour. Vous allez cheminer lentement mais surement. Personne, de surcroit, ne viendra vous dire ce qui est juste pour vous. Ça doit sortir de vous de vos tripes, de votre bidon.

Ce dont que ce qu’est ce que je suis certaine, c’est que tout un chacun qui va lire ce texte peut au lieu de ses sempiternelles bonnes résolutions… prendre des décisions… je souhaite vous rappeler que le pire c’est la « stagnation »… La vie, c’est le mouvement, faire un pas en avant même petit, c’est déjà ça.

Quand qu’est ce que je parle du mouvement, je dis pas, que tu vas me dire que c’est ton mari qui doit changer, ou ta conjointe… ou commencer à bouger quand tu auras si ou ça ou patata… Des excuses !

Ton patron, ton mari, ta femme, ton voisin, Pierre, Paul ou Jacques, chacun a ses propres combines.

Occupe-toi de tes fesses, c’est déjà pas mal…

Et demande toi, ce que toi-même, tu peux faire aujourd’hui pour faire un pas… et même maintenant !

Je vous souhaite toujours d’avoir un bon saucisson et du bon vin à votre table, parce que c’est bon.

Mère Joséphine”

Hélèna Blavatsky

Hélèna Blatvasky

Hélèna Blavatsky ou Mme Blavatsky, occultiste, théosophe et écrivain, fondatrice de la société théosophique (Héléna Petrovna von Hahn ; Ekaterinoslav, 31 juillet 1931 – Londres, 8 mai 1891).

Née en Ukraine, Hélèna Petrovna est descendante noble par sa mère, Hélèna Andreevena Fadeev et son père le baron Peter von Hahn, colonel et sujet de l’empire russe. Elle apparait néanmoins rebelle aux conventions de la société et à l’opinion publique de son époque. Elle rejoint en cela sa mère, connu pour ses écrits féministes à partir de 1837. Alors qu’elle n’a que 11 ans, sa mère décède. Elle part avec sa sœur Vera et son frère Leonid vivre chez ses grand-parents maternels à Saratov. Là seule personne a avoir une réelle autorité sur elle est alors sa grand-mère, une femme de caractère est d’une très grande érudition. On s’aperçoit parle souvent seule la nuit et on la trouve parfois en grande conversation, jouant et causant avec des camarades imaginaires. Il semble qu’il y ait 2 personnes en elle, une première personne au caractère difficile, indisciplinée et une autre tournée d’avantage vers la mystique et la métaphysique. Dans la demeure familiale, bravant la garde des gouvernantes, elle n’hésite pas à parcourir les souterrains humides de la datcha dans lesquels elle se plait à passer le plus clair de son temps. Sa mémoire se peuple là de fantômes, de gnomes ou de lutins. Lors de vision astrale lui apparait le visage d’un curieux personnage hindou, qu’elle nomme « le maitre des rêves ».

Etonnamment douée pour certaines disciplines, Hélèna développe l’apprentissage des langues par moins de 8, ainsi que des dialectes divers. Excellente cavalière, elle possède également un réel talent pour la musique. C’est à cette époque, aux confins de la Russie, qu’elle fait sa première rencontre avec les traditions de l’Asie, notamment les Kalmucks bouddhistes d’Astrakan placées sous l’autorité son grand-père, gouverneur de la province. Elle devient ainsi familière avec le lamaïsme des bouddhistes tibétains et avec leurs grands prêtres. Elle visite les montagnes de l’Oural en en Sibérie à la limite des territoires de Mongolie, où réside le Terachan Lama.

A l’âge de 17 ans, Hélèna épouse le vice-gouverneur Nicéphore Blavatsky. Le couple ne dura que quelques temps, elle quitte alors la Russie et entreprend de nombreux voyages à travers l’Asie, l’Europe et l’Amérique à la recherche des anciennes traditions, en quête d’une sagesse éternelle. Elle se rend en Inde afin d’y être instruite par les « Mahatmas » ou entre les «  maitre des sagesses » qui lui montre quand combinant la science et la religion on peut arriver à démontrer l’existence du divin et l’immortalité de l’esprit humain. Les philosophies orientales n’admettent d’autre foi qu’une foi absolue et immuable dans la toute-puissance du soi immortel de l’homme. Dès lors, elle remplace la foi aveugle par la connaissance.

Tandis que l’empire Britannique prépare sa fameuse exposition universelle 1851, elle rencontre physiquement, à 20 ans, le maitre qui a peuplé les visions de son enfance, connu sous le nom de M (Morya). Au cours d’une entrevue, il laisse entendre à Hélèna la mission qui l’attend. Le 17 novembre 1875, elle fonde aux états-unis, avec le Colonel Henri Steel Olcott, et quelques personnages connus des milieux ésotériques, la société Théosophique. En 1877, elle publie son premier ouvrage Isis dévoilée, dans lequel elle se livre à la critique de la science et de la religion qui attire l’attention de ses contemporains. Un certain nombre de personnalités scientifiques rejoint la nouvelle société : Thomas A. Edison, l’inventeur du phonographe, le physicien et chimiste William Crookes, de même que le célèbre astronome Camille Flammarion, ou encore l’égyptologue Gaston Maspéro. En 1879, en compagnie du colonel Olcott, elle atteint Ceylan où elle prononce ses vœux bouddhistes puis débarque en Inde. 3 ans après, ils établissent le quartier général de la société Théosophique à Adyar, près de Madras (Chennai) ; début la parution d’une revue, The Thesophiste. Hélèna Blavastsky reçoit en vision des messages de ses maitres de sagesse appartenant à la loge Himalayenne-un noyau d’adepte de différentes nationalités regroupées au sein d’une même loge secrète sur les hauteurs du Tibet. Par un entrainement intensif, il lui permette de lire dans les pensées et lui apprennes par vision astrale la technique de « précipitation », un procéder permettant de communiquer des informations d’un lieu éloigné et d’imprimer un support par écrit. Voyant de longs et larges rouleaux de papier manuscrit, elle a pour tache de reproduire leurs Textes. C’est ainsi qu’elle dirigera la Doctrine secrète.

Alors, qu’elle voyage en Europe (1884), Hélèna Blacatsky apprend que la presse indienne l’accuse d’avoir simulé quelques phénomènes paranormaux. La London Society for Psychical Reseach diligeante une enquête aboutissant au « rapport Hodgson » (1885) qui l’accuse d’être un imposteur et d’avoir elle-même écrit ou falsifié des lettres qu’elle dit venir de soit disant « mahatmas » Il faudra attendre prêt de 100ans pour que la Society récuse le rapport par le biais d’un article du docteur V. Harrison parut dans son propre journal au mois d’avril 1986.

Peu de temps après, elle quitte l’Inde définitivement et regagne l’Europe pour des raisons de santé. Elle vit successivement en Allemagne, en Belgique et s’installe finalement à Londres où elle travaille non sans mal (les relations avec son maitre sont régulières, mais il lui est très difficile de regarder consciemment dans la lumière astrale la rédaction), sur l’ouvrage le plus important de son œuvre, La doctrine secrète, véritable corpus des enseignements théosophiques et sur la Voie du silence,  publié respectivement en 1888 et en 1889.

En 1889, parait également la clé de la théosophie. Elle rencontre alors Annie Besant, militante socialiste et féministe chargée du compte rendu de la Doctrice Secrète paru dans le quotidien The Pall Mall. Ayant rejoint le mouvement théosophique, celle-ci poursuivra plus tard le travail de la société et, par ses talents d’oratrices, permettra l’extension des idées et la vulgarisation des écrits d’Hélèna Blavatsly.

Encore en octobre 1888, Hélèna Blavatsky prophétise dans la première édition que la Doctrine Secrète sera regardée par une grande partie du public comme un roman de l’espace la plus fantastique. Les stances de Dzyan (du sanskrit Dhyâna, « médiation mystique »),  qui fondent l’ouvrage, sont sans doute le premier volume de commentaires des 7 volumes secrets du Kiu-te. Elles traitent  de la cosmogonie de notre propres systèmes planétaires. La Doctrine Secrète établit ainsi plusieurs propositions essentielles : L’existence d’un principe omniprésent, immanent, illimité et immortel, l’éternité de notre univers, la loi de périodicité, des flux et des reflux de celui-ci, la loi d’évolution et l’idée fondammentale que tout âme est une composante de la  « Sur -Ame » universelle. Le but de l’ouvrage est de montrer que la nature n’êst pas un concour fortuit d’atomes. Tout l’univers est vivant, la vie s’épamouit à travers des formes innombrables et elle se manifeste par des formes de plus en plus complexe. Cette manifestation de vie formelle donne naissance à la conscience qui, comme la forme, est en perpétuelle évolution, passant par des périodes d’activités et de repos. Ces lois s’appliquent aux galaxies les plus lointaines, à l’homme et à toutes composantes de la nature (cellules, molécules, atomes). Dans ce processus d’évolution, l’homme possède des états actifs, d’autres potentiels. Il aura à éveiller ses potentiels encore latentes. Par commodité de l’étude de l’enseignements théosophiques, les formes et les énergies qui composent l’homme et l’univers sont divisées en 7 plans. Ainsi l’homme à un corps physique, éthérique, astral, mental, causal, bouddhique et atmique. Il est en interaction avec tous les plans du cosmos et leurs énergies. Pour Hélène Blavatsky, il s’agit de sauver de la dégradation de ses vérités archaïques qui sont le fondement de toutes les religions, de découvrir, jusqu’à un certain point, l’unité fondamentale originelle dont toutes ont jailli, et finalement démontré que le coté occulte de la nature n’a jamais été considéré par la science moderne.

Hélèna Blavatsky est une des personnalités les plus marquantes de l’ésotérisme du dernier quart du 19eme siècle. Appartenant au courant occultiste et théosophique, elle s’oppose d’une part au dogmatisme religieux et d’autres parts au scientisme et au matérialisme.  Son mérite est d’avoir su rendre intelligibles aux occidentaux la métaphysique orientale et les connaissances transcendantales, qui lui ont été révélées : elle a ainsi établi un pont entre ses sagesses et permis de mieux comprendre l’occultisme et certains phénomènes paranormaux (la transmission de la pensée, la survivance de la conscience après  la mort…). Outre sur courant de pensée spirituel du 20eme siècle, sont influence fut importante notamment dans l’art abstrait, chez Mondriant, Kandinsky et Kupka, de même que dans la littérature, chez W.B Yeats, G. Russel et James Joyce pour ne citer qu’eux. Elle laisse aux générations futures le soin de la juger et de comprendre ses écrits, affirmant dans la doctrine secrète, que ce ne serait qu’au siècle suivant que les hommes commenceraient à comprendre et discuter les livres de façon intelligente.

Jean Oizia 

Nos Ancêtres

nos ancêtres

Pourquoi est-il important d’honorer nos ancêtres ?

Nous sommes dans cette vie incarnée dans un écosystème, une constellation familiale. Dans cet univers, il y existe des histoires, des secrets, des blessures, des exclusions. Tout simplement, car la vie est jalonnée d’aléas. Pour pouvoir trouver la paix en soi et autour de soi, il est essentiel de trouver la paix dans cette sphère intime.

Comprendre le jugement, les accusations, la culpabilité, les “pêchers” reconnu comme tels dans la sphère familiale, n’ont plus de place dans le mouvement de la vie.

Dans notre cheminement vers une conscience spirituelle, il est incontournable de faire un arrêt sur la reliance à nos ancêtres. Cette étape peut prendre du temps, peut même nécessiter d’y revenir au cours de notre cheminement individuel.
Comment être en paix avec son féminin et son masculin intérieur, si nous ne sommes pas en harmonie avec nos 2 lignées maternelles et paternelles ?

Comment être reconnaissance envers la Terre-Mère nourricière, si nous n’avons pas honoré la femme qui nous à nourrir à son sein ?
Comment honorer, bénir, libérer et apaiser les liens forts qui unissent une famille ?
Mais avant tout, comment être en paix avec ses ancêtres afin que ces dernières deviennent une force, une protection et un soutien dans notre chemin ?

L’Animisme

Candomblé

L’animisme dans sa vision africaine et afro-descendante

L’animisme, qu’il soit noir-américain ou d’Afrique subsaharienne, regroupe de nombreux courants religieux (religion des fétiches, vaudou, Candomblé, Umbanda, Santeria, vaudou haïtien…) dont les grandes bases fondatrices se recoupent. Pour commencer, l’animisme doit être différencié du polythéisme : ici Dieu est unique, Dieu est partout et nulle part, mais il reste très lointain et fort peu soucieux des préoccupations égocentriques des hommes. Pour pouvoir entrer en contact avec Lui et en obtenir les faveurs, il est nécessaire de passer par des intermédiaires humains et des divinités. Les saints catholiques peuvent représenter certains de ces intermédiaires, cependant chaque famille, communauté, village pourra posséder sa propre cosmogonie.  

Mais surtout, pour l’animisme, toute chose a une « âme ». Bien que les appellations soient différentes, la reliance à la nature est immuablement commune. Il est possible de rattacher les déités à un élément du règne animal, végétal et minéral.

Les différentes ramifications animistes, qu’elles soient du continent africain ou du continent américain, reposent sur trois piliers qui ont trait aux ancêtres, à la réincarnation et aux rites initiatiques. Selon le culte des ancêtres, les morts ne sont pas morts. Pour ce qui est de la réincarnation, après la mort du corps physique l’âme va de nouveau vivre sur d’autres plans ou même revenir sur terre. Enfin, chaque être humain doit vivre un niveau d’initiation qui lui est propre, selon ce qui aura été observé au cours d’une pratique de divination. Ce niveau peut être plus ou moins élevé selon sa dimension prédestinée et sa capacité à réussir les rites initiatiques.

L’exportation vers le continent américain

La spiritualité africaine se divise en deux grands courants. L’animisme africain d’un côté, sur la partie subsaharienne, et dont la pratique est influencée par l’ethnie, et où l’on retrouve couramment le vaudou, le culte des fétiches et les marabouts. L’autre branche tient à l’importation puis l’évolution de cette spiritualité sur le continent américain, conséquence de la traite négrière. Il est impossible de parler de spiritualité africaine sans la remettre dans le contexte historique de l’horreur qu’a été la mise en esclavage d’un continent entier. Tout comme le peuple juif porte encore le drame du génocide de la Seconde Guerre Mondiale, les personnes d’origine africaine souffrent encore aujourd’hui des conséquences de la mise en esclavage de leurs ancêtres sur plusieurs générations.

Pour rappel, l’un des plus gros ports d’exportation d’esclaves se trouvait à Grand Popo au Bénin, berceau du vaudou. Nous avons la malheureuse habitude de parler des esclaves en tant que caste, or sur le continent africain les personnes n’étaient pas nées esclaves mais réduites à l’esclavage. Par conséquent, lors de rapts d’individus, c’est toute la société qui pouvait devenir esclave, des simples pêcheurs aux chefs coutumiers, en passant par des « officiants » animistes. Le vaudou béninois, togolais, nigériens (Fon et Yoruba) était donc le passager clandestin des bateaux négriers. Malgré l’interdiction, les prêtres «vaudous» ont repris leur pratique dans les exploitations américaines, en premier lieu pour soigner, puis en y associant de plus en plus des rituels. C’est par cette migration forcée que la spiritualité africaine s’est développée sur le continent américain.

Dans ces deux parties du monde, l’officiant animiste aura plusieurs fonctions sociales. Il sera le relais avec les divinités, le régulateur dans les conflits, et le guérisseur par sa connaissance des plantes. Sur le continent américain, ces officiants ont rencontré des difficultés avec la flore qui les entouraient, ne disposant plus des espèces africaines. Ils ont alors puisé dans les savoirs des indigènes qui étaient eux aussi placés en condition d’esclaves. La spiritualité africaine va ainsi connaître une forte influence extérieure, qu’elle provienne de la spiritualité amazonienne des peuples côtoyés dans les exploitations, ou de l’oppression chrétienne des maîtres négriers, qui imposent baptême et cultes du dimanche.

Vont donc naître sur le continent américain les religions du Candomblé, de la Macumba, du Quimbanda, de la Santeria et du vaudou haïtien, de l’Umbanda dont la base est le culte des Orishas, assimilés aux saints catholiques, mais également le culte des ancêtres par le culte de différentes grandes familles spirituelles (lignée des Indiens d’Amazonie, Indiens d’Amérique du Nord, des Gitans, des Marins, des Vieux Noirs…).

Dans la spiritualité africaine, la vision du bien et du mal est beaucoup moins binaire que dans la vision judéo-chrétienne. Le bien et le mal est en chacun de nous, et les représentations divines, ont également leur part d’ombre. La vision du « diable » en Amérique du Sud est très différente de celle de la tradition chrétienne. Cette différence a pu engendrer une vision colonialiste erronée, associant les rites vaudous au satanisme. Le diable, qui porte un autre nom suivant le courant spirituel, est la divinité la plus proche des humains. Il en récupère donc les côtés plus obscurs, mais il est essentiel car c’est le messager, proche de nous, celui qui va appeler les divinités lors de demandes ou de cérémonies.

Hildegarde De Bingen

Hildegarde de Bingen

Hildegarde De Bingen, sainte, Docteur de l’église, bénédictine, visionnaire, Prophétesse (Bermesheim, 1098 – Rupertsberg – 1179).

Née près d’Alzey en Hesse rhénane, Hildegarde est la deuxième enfant Mechtilde et Hildebert, rattaché à la famille des barons de Bermesheim. Dotés d’une fille imprégnée de visions lumineuses dès l’âge de 3 ans, ses parents prennent la décision, selon une coutume courante au moyen-âge, de consacrer sa vie à Dieu.  Hildegarde quitte alors son foyer à l’âge de 8 ans pour entrer sous la tutelle de Jutta de Sponheim, qui se retire au monastère bénédictin de Saint-Disibod, dans la vallée de la Naye.

Elle devient oblate en 1106, d’après la règle de Saint-Benoit Ora et labora (« Prie et travaille »), elle est initiée aux chants, aux textes sacrés, des psaumes, de l’Ancien et du Nouveau Testament. Elle développe à la même époque ses dons musicaux. De santé délicate, elle est accablée d’une maladie qui la paralyse. Hildegarde, toujours visitée par la lumière de Dieu, supporte sans se plaindre la douleur, tribut de l’immense grâce qu’elle cache à ses sœurs. Entre 1112 et 1115, elle prononce ses vœux monastiques et reçoit le voile de la Mère de l’évêque Othon de Bamberg. Louée par la communauté des moniales pour ses nombreuses qualités, elle prend la succession de Jutta et devient l’abbesse du couvent de Disibodenberg à l’âge de 38 ans.

À 43ans, Hildegarde est assaillie par une nouvelle vision qui l’exhorte à raconter et écrire ce qu’elle voit et entend. Elle se confie à son amie Richardis, puis à Volmars, son professeur, qui reçoit et ordonne les précieux écrits de son premier opus, alors le Scivias (du latin Sci vias Dei « connais les voies du Seigneur »).

Tremblante devant la grandeur de sa mission, elle en réfère à Cunon, l’abbé du monastère, qui l’encourage et transmet ses écrits à l’archevêque de Mayence. Cherchant appui, Hildegarde se tourne vers Bernard de Clairvaux, rendu célèbre son appel à la deuxième croisade pour Jérusalem, qui intercède en sa faveur lors de l’assemblée plénière organisée par le Pape Eugène III à Trèves en 1147. Consacrée par les plus hautes autorités, elle devient un phare spirituel vers lequel se tournent les cardinaux, les évêques et les laïcs. La protection pontificale permet au message prophétique d’exister.  La vie de la moniale prend dès lors un tournant considérable s’articulant entre ses visions prophétiques et ses nombreuses activités. Face à la fréquentation grandissante des pèlerins venus de toute l’Europe et des nobles jeunes filles qui la sollicitent pour être accueillies dans la communauté de femmes qu’elle dirige, Hildegarde fonde un autre couvent qui lui apparait en vision. Grâce aux dons des fidèles et à l’appui de l’archevêque de Mayence, elle déménage avec ses sœurs en 1150 à Rupertsberg, malgré l’opposition de l’abbé. À force de négociation, elle acquiert les droits exclusifs de la propriété, lui permettant d’obtenir la totale indépendance tant économique que religieuse du couvent, désormais sous la protection de l’archevêque et bientôt de l’empereur Frédéric Barberousse. Là, elle se consacre corps et âme à son prochain. Exigeante et aimante tout à la fois, elle assiste ses filles dont elle prend en compte les besoins corporels, intellectuels et spirituels, elle soigne les malades, leur administre ses propres remèdes, entreprend la rédaction d’un ouvrage sur les sciences de la nature et la médecine, Le livre des subtilités des diverses natures des créatures (Liber subtilitatum diversarum naturarum creaturarum), divisée aujourd’hui en 2 opus Physica et les causes et les remèdes (causae et curae) à l’érudition et à la générosité de la moniale se mêle le merveilleux : les miracles se succèdent, asseyant l’autorité de la Sainte. Elle guérit les fièvres, les tumeurs, les flux de sang. Elle procède également à un exorcisme. Tandis qu’Hildegarde s’applique à la tâche, elle reçoit en vision un nouvel ordre divin qui l’enjoint à sortir du couvent, à devenir la « trompette de Dieu » et prêcher sa parole. Fait exceptionnel pour une abbesse cloitrée, Elle entreprend successivement 4 voyages en Franconie, en Lorraine en descendant le Rhin jusqu’à Werden et en Souabe. Elle rédige entre 1158 et 1173, 2 ouvrages : Le livre des mérites de vie (liber vitae meritorum) et le livre des sœurs divines (liber divinirum operum).

La vie d’Hildegarde s’inscrit dans un siècle riche en tensions intellectuelles, politiques et religieuses. L’église, qui hérite de la querelle des Investitures et l’empire qui sont en conflit. Le désordre politique a son contrecoup dans la discipline de l’église. Il s’en suit un relâche des mœurs et des liens sociaux. Hildegarde prend part aux luttes qui s’annoncent. Tout en se battant pour l’autonomie de sa fondation, elle participe, avec ses sermons et ses prêches devenus célèbres, aux débats de son temps. Très attachée à l’église, elle soutient sans relâche l’activité réformatrice des Papes, en défendant l’institution pontificale contre le pouvoir impérial.

Elle prend parti contre les cathares hostiles au sens et au corps qui selon leurs détracteurs, diffusent un dogme manichéen, situé en dehors de la révélation, rejettent la croyance en l’Incarnation et prônent une ascèse excessive.

Elle n’épargne pas le clergé, qu’elle tient pour responsable de cette hérésie, et l’exhorte à réformer ses mœurs. Son influence dans l’occident médiéval est à son comble. En témoigne la riche correspondance qu’elle entretient avec des représentants du monde profane et religieux, à savoir les laïcs éclairés, les moniales et les moines, les prêtres, les abbesses et les abbés, les archevêques et les évêques, les papes et les empereurs successifs de son temps, Eugène III, Anastase IV, Adrien IV et Alexandre III, Conrad III et Frédéric Barberousse.

En 1165, Hildegarde fait restaurer le monastère de Saint Augustin près d’Eibingen. Presque septuagénaire, elle dirige deux couvents. À la fin de sa vie survient une ultime épreuve. Un jeune homme malade meurt à Bingen après s’être confessé auprès d’un prêtre et avoir reçu les derniers sacrements en privé, sa dernière volonté étant de recevoir une sépulture chrétienne. Hildegarde, qui a eu vent de cette histoire tragique, accepte de faire entrer ce dernier au couvent de Rupertsberg, quelques jours après l’inhumation, elle reçoit une lettre de Mayence qui l’annonce des fautes graves du jeune homme excommunié et qui l’exhorte à exhumer le corps. Convaincue de la légitimité de son acte, l’abbesse refuse la requête de ses supérieurs qui la privent, pour la punir, de célébrer les offices religieux et de les chanter. Tombée malade, Hildegarde prépare une plaidoirie dans laquelle elle loue la musique comme véritable célébration de Dieu. Elle décède le dies natalis de sa fête liturgique, tandis que l’interdiction n’est pas encore levée. Ses reliques posent dans l’église d’Eibingen, près de Rüdeshreim sur le Rhin. Si le procès de canonisation mandaté par le pape Grégoire IX en 1227 et reconduit sous Innocent IV en 1243 n’aboutit jamais pour des motifs inconnus. Hildegarde est une Sainte pour le peuple. Vénérée tout ce temps, le pape Pie XII, prescrivit de célébrer sa fête selon le rite double dans le diocèse d’Allemagne (décret du 21 février 1940). Le pape Benoit XVI l’a inscrite au catalogue des saints le 10 mai 2012 et nommée Docteur de l’Église (elle est la 4e femme à porter ce titre) le 7 octobre de la même année.

Éclairée et guidée par la « lumière vivante », tout au long de sa vie, Hildegarde (surnommée la « Sibylle du Rhin » au 14e siècle) est visionnaire de nature. « Les visions que j’ai vues, témoigne-t-elle, ce n’est ni un songe, ni dans le sommeil, ni en extase, ni par les yeux du corps, ni par les oreilles de l’Homme extérieur, ni en des lieux cachés ; mais je les ai perçues, étant éveillée, des yeux et des oreilles de l’Homme intérieures en des endroits découverts, selon la volonté de Dieu. »

Hildegarde voit au sens fort du terme ; son champ de perception est élargi au point d’évaluer non seulement les apparences extérieures, mais aussi l’essence de toutes choses. Ayant accès à des régions supérieures de l’âme, elle comprend sans les avoir étudiés Psaumes et Évangiles, tout lui vient par révélation, et non par l’étude. Ces proches la disent « Symmista », « co-initiée » aux mystères divins. Hildegarde étant « vase en argile » que Dieu a fabriqué pour lui-même et qu’il a pénétré de son Esprit-Saint afin d’accomplir par lui ses œuvres. Ainsi l’exaltation et la conscience de la mission succèdent toujours à l’état fébrile de l’humble servante. La prophétie est inséparable de la mission, elle prolonge l’expérience visionnaire dans laquelle la relation, essentiellement toujours vers Dieu, s’établit avec les autres. Hildegarde voit et annonce le passé, le présent et le futur comme les prophètes l’Ancien Testament. En ce sens, elle a autant sa place dans l’histoire du prophétisme que dans celle de la mystique. La fonction visionnaire et prophétique est indissociable des capacités créatrices de l’abbesse. Sous l’inspiration divine, elle est tantôt écrivain, tantôt musicienne, elle crée une langue « Lingua Ignota » et un alphabet inconnu (Litterae Ignotae), compose de nombreux poèmes. Érudite dans le domaine des plantes et des minéraux, elle est également médecin. Outre ses 70 chants, hymnes et séquences, on distingue une œuvre littéraire dense, dont une trilogie visionnaire inspirée de ses visions, composée du Scivias (1141-1151), du Livre des mérites de vie (1158-1163), et du Livre des œuvres divines (1163-1173) et des écrits tels que la symphonie des révélations célestes (Symphonia Harmoniae Caelestium revelationum ou Carmina) dans laquelle on trouve l’œuvre des vertus (ordo virtutum), l’explication de la règle de Saint Benoît, la vie de Saint Disibod, La vie de Saint Ruppert, l’Épitre à la congrégation de ses sœurs, l’explication de différents thèmes théologiques et le livre subtilité des natures des diverses créatures (1151 -1158). Son génie littéraire réside, outre dans la description minutieuse de ses visions, dans la manière dont elle les commente et dont elle revisite les grands de la Bible parmi lesquels la Genèse et l’Apocalypse de Saint-Jean, en passant continuellement de mêmes termes d’un sens cosmico-naturel à un sens intérieur humain.

Bien que son œuvre, n’influença pas le Moyen Âge ultérieur, ses écrits sont fameux au point d’inspirer Dante Alighieri, à qui le Scivias souffla sa vision de la Trinité, et Léonard de Vinci. Il faut rappeler qu’Hildegarde a placé l’homme bien avant eux, au cœur du cosmos. Dans une de ses visions, elle fait apparaitre « L’être merveilleusement créé par Dieu », auréolé de 7 plantes qui se font face, au centre d’une roue géante, les pieds et les bras en croix, tendus vers la circonférence faisant écho au croquis anatomique de l’Homme de Vitruve, qui voit le jour plus de 3 siècles plus tard. Pour Hildegarde la création est faite de matière et d’esprit. La perfection des cycles cosmiques et l’incroyable intelligence avec laquelle la nature se renouvelle sans fin révèlent une structure invisible une force unique et primordiale, issue de Dieu qui sous-entend toutes les formes d’existence, dont la nôtre. Un lien mystérieux unit toutes les créatures en elles, une unité régit toute la création traversée de viriditas et rayonnante de beauté. Dans sa vision, le macrocosme et le microcosme, le monde est l’Homme, le corps et l’âme, la nature et le salut sont interdépendants. Il s’en suit que tout désordre introduit quelque part dans l’univers a nécessairement une répercussion jusqu’aux confins de celui-ci. Ce sens de l’harmonie, indispensable de l’équilibre du monde, l’a conduite à entrevoir la relation entre les désordres de l’univers et celui de notre santé, issu des travers de notre conscience. Elle rejoint ainsi les tendances de la médecine holistique avec 800ans d’avance. L’enjeu de cette conception du monde et de l’Homme n’en est pas moins celui de la nature humaine et de sa destinée. En effet, Hildegarde nous enseigne qu’on ne peut comprendre l’être humain dans toute sa dimension sans le situer avec justesse dans la perspective de la création, de la chute, de l’incarnation et de la rédemption. Militant pour le bonheur de l’homme, elle invite celui-ci à se retourner sur le chemin du salut dont son œuvre tout entière est la clé. Adoptant une vision eschatologique, elle traite ses fins dernières de l’homme et du monde à travers l’avènement du jugement dernier et de la Jérusalem céleste, qui doit faire place un ordre nouveau gouverné par le nouvel Adam. En ce sens, elle invite l’homme à construire hic et nunc le royaume de Dieu, répondant à l’attente inquiète de la fin de temps, œuvre tout à la fois intérieure et extérieure à l’être, qui doit poursuivre la mission du Christ et nourrir toute l’humanité. Croisant les approches éthique et religieuse, historique et eschatologique, esthétique et thérapeutique, elle établit un véritable art de vivre, unifiant les besoins les plus élémentaires du corps aux aspirations les plus élevées de l’âme, gage du salut de l’homme et du monde.

Audrey Fella (FEMMES MYSTIQUES – Robert Laffont)