Hélèna Blavatsky ou Mme Blavatsky, occultiste, théosophe et écrivain, fondatrice de la société théosophique (Héléna Petrovna von Hahn ; Ekaterinoslav, 31 juillet 1931 – Londres, 8 mai 1891).

Née en Ukraine, Hélèna Petrovna est descendante noble par sa mère, Hélèna Andreevena Fadeev et son père le baron Peter von Hahn, colonel et sujet de l’empire russe. Elle apparait néanmoins rebelle aux conventions de la société et à l’opinion publique de son époque. Elle rejoint en cela sa mère, connu pour ses écrits féministes à partir de 1837. Alors qu’elle n’a que 11 ans, sa mère décède. Elle part avec sa sœur Vera et son frère Leonid vivre chez ses grand-parents maternels à Saratov. Là seule personne a avoir une réelle autorité sur elle est alors sa grand-mère, une femme de caractère est d’une très grande érudition. On s’aperçoit parle souvent seule la nuit et on la trouve parfois en grande conversation, jouant et causant avec des camarades imaginaires. Il semble qu’il y ait 2 personnes en elle, une première personne au caractère difficile, indisciplinée et une autre tournée d’avantage vers la mystique et la métaphysique. Dans la demeure familiale, bravant la garde des gouvernantes, elle n’hésite pas à parcourir les souterrains humides de la datcha dans lesquels elle se plait à passer le plus clair de son temps. Sa mémoire se peuple là de fantômes, de gnomes ou de lutins. Lors de vision astrale lui apparait le visage d’un curieux personnage hindou, qu’elle nomme « le maitre des rêves ».

Etonnamment douée pour certaines disciplines, Hélèna développe l’apprentissage des langues par moins de 8, ainsi que des dialectes divers. Excellente cavalière, elle possède également un réel talent pour la musique. C’est à cette époque, aux confins de la Russie, qu’elle fait sa première rencontre avec les traditions de l’Asie, notamment les Kalmucks bouddhistes d’Astrakan placées sous l’autorité son grand-père, gouverneur de la province. Elle devient ainsi familière avec le lamaïsme des bouddhistes tibétains et avec leurs grands prêtres. Elle visite les montagnes de l’Oural en en Sibérie à la limite des territoires de Mongolie, où réside le Terachan Lama.

A l’âge de 17 ans, Hélèna épouse le vice-gouverneur Nicéphore Blavatsky. Le couple ne dura que quelques temps, elle quitte alors la Russie et entreprend de nombreux voyages à travers l’Asie, l’Europe et l’Amérique à la recherche des anciennes traditions, en quête d’une sagesse éternelle. Elle se rend en Inde afin d’y être instruite par les « Mahatmas » ou entre les «  maitre des sagesses » qui lui montre quand combinant la science et la religion on peut arriver à démontrer l’existence du divin et l’immortalité de l’esprit humain. Les philosophies orientales n’admettent d’autre foi qu’une foi absolue et immuable dans la toute-puissance du soi immortel de l’homme. Dès lors, elle remplace la foi aveugle par la connaissance.

Tandis que l’empire Britannique prépare sa fameuse exposition universelle 1851, elle rencontre physiquement, à 20 ans, le maitre qui a peuplé les visions de son enfance, connu sous le nom de M (Morya). Au cours d’une entrevue, il laisse entendre à Hélèna la mission qui l’attend. Le 17 novembre 1875, elle fonde aux états-unis, avec le Colonel Henri Steel Olcott, et quelques personnages connus des milieux ésotériques, la société Théosophique. En 1877, elle publie son premier ouvrage Isis dévoilée, dans lequel elle se livre à la critique de la science et de la religion qui attire l’attention de ses contemporains. Un certain nombre de personnalités scientifiques rejoint la nouvelle société : Thomas A. Edison, l’inventeur du phonographe, le physicien et chimiste William Crookes, de même que le célèbre astronome Camille Flammarion, ou encore l’égyptologue Gaston Maspéro. En 1879, en compagnie du colonel Olcott, elle atteint Ceylan où elle prononce ses vœux bouddhistes puis débarque en Inde. 3 ans après, ils établissent le quartier général de la société Théosophique à Adyar, près de Madras (Chennai) ; début la parution d’une revue, The Thesophiste. Hélèna Blavastsky reçoit en vision des messages de ses maitres de sagesse appartenant à la loge Himalayenne-un noyau d’adepte de différentes nationalités regroupées au sein d’une même loge secrète sur les hauteurs du Tibet. Par un entrainement intensif, il lui permette de lire dans les pensées et lui apprennes par vision astrale la technique de « précipitation », un procéder permettant de communiquer des informations d’un lieu éloigné et d’imprimer un support par écrit. Voyant de longs et larges rouleaux de papier manuscrit, elle a pour tache de reproduire leurs Textes. C’est ainsi qu’elle dirigera la Doctrine secrète.

Alors, qu’elle voyage en Europe (1884), Hélèna Blacatsky apprend que la presse indienne l’accuse d’avoir simulé quelques phénomènes paranormaux. La London Society for Psychical Reseach diligeante une enquête aboutissant au « rapport Hodgson » (1885) qui l’accuse d’être un imposteur et d’avoir elle-même écrit ou falsifié des lettres qu’elle dit venir de soit disant « mahatmas » Il faudra attendre prêt de 100ans pour que la Society récuse le rapport par le biais d’un article du docteur V. Harrison parut dans son propre journal au mois d’avril 1986.

Peu de temps après, elle quitte l’Inde définitivement et regagne l’Europe pour des raisons de santé. Elle vit successivement en Allemagne, en Belgique et s’installe finalement à Londres où elle travaille non sans mal (les relations avec son maitre sont régulières, mais il lui est très difficile de regarder consciemment dans la lumière astrale la rédaction), sur l’ouvrage le plus important de son œuvre, La doctrine secrète, véritable corpus des enseignements théosophiques et sur la Voie du silence,  publié respectivement en 1888 et en 1889.

En 1889, parait également la clé de la théosophie. Elle rencontre alors Annie Besant, militante socialiste et féministe chargée du compte rendu de la Doctrice Secrète paru dans le quotidien The Pall Mall. Ayant rejoint le mouvement théosophique, celle-ci poursuivra plus tard le travail de la société et, par ses talents d’oratrices, permettra l’extension des idées et la vulgarisation des écrits d’Hélèna Blavatsly.

Encore en octobre 1888, Hélèna Blavatsky prophétise dans la première édition que la Doctrine Secrète sera regardée par une grande partie du public comme un roman de l’espace la plus fantastique. Les stances de Dzyan (du sanskrit Dhyâna, « médiation mystique »),  qui fondent l’ouvrage, sont sans doute le premier volume de commentaires des 7 volumes secrets du Kiu-te. Elles traitent  de la cosmogonie de notre propres systèmes planétaires. La Doctrine Secrète établit ainsi plusieurs propositions essentielles : L’existence d’un principe omniprésent, immanent, illimité et immortel, l’éternité de notre univers, la loi de périodicité, des flux et des reflux de celui-ci, la loi d’évolution et l’idée fondammentale que tout âme est une composante de la  « Sur -Ame » universelle. Le but de l’ouvrage est de montrer que la nature n’êst pas un concour fortuit d’atomes. Tout l’univers est vivant, la vie s’épamouit à travers des formes innombrables et elle se manifeste par des formes de plus en plus complexe. Cette manifestation de vie formelle donne naissance à la conscience qui, comme la forme, est en perpétuelle évolution, passant par des périodes d’activités et de repos. Ces lois s’appliquent aux galaxies les plus lointaines, à l’homme et à toutes composantes de la nature (cellules, molécules, atomes). Dans ce processus d’évolution, l’homme possède des états actifs, d’autres potentiels. Il aura à éveiller ses potentiels encore latentes. Par commodité de l’étude de l’enseignements théosophiques, les formes et les énergies qui composent l’homme et l’univers sont divisées en 7 plans. Ainsi l’homme à un corps physique, éthérique, astral, mental, causal, bouddhique et atmique. Il est en interaction avec tous les plans du cosmos et leurs énergies. Pour Hélène Blavatsky, il s’agit de sauver de la dégradation de ses vérités archaïques qui sont le fondement de toutes les religions, de découvrir, jusqu’à un certain point, l’unité fondamentale originelle dont toutes ont jailli, et finalement démontré que le coté occulte de la nature n’a jamais été considéré par la science moderne.

Hélèna Blavatsky est une des personnalités les plus marquantes de l’ésotérisme du dernier quart du 19eme siècle. Appartenant au courant occultiste et théosophique, elle s’oppose d’une part au dogmatisme religieux et d’autres parts au scientisme et au matérialisme.  Son mérite est d’avoir su rendre intelligibles aux occidentaux la métaphysique orientale et les connaissances transcendantales, qui lui ont été révélées : elle a ainsi établi un pont entre ses sagesses et permis de mieux comprendre l’occultisme et certains phénomènes paranormaux (la transmission de la pensée, la survivance de la conscience après  la mort…). Outre sur courant de pensée spirituel du 20eme siècle, sont influence fut importante notamment dans l’art abstrait, chez Mondriant, Kandinsky et Kupka, de même que dans la littérature, chez W.B Yeats, G. Russel et James Joyce pour ne citer qu’eux. Elle laisse aux générations futures le soin de la juger et de comprendre ses écrits, affirmant dans la doctrine secrète, que ce ne serait qu’au siècle suivant que les hommes commenceraient à comprendre et discuter les livres de façon intelligente.

Jean Oizia