Candomblé, Religion Afro Brésilienne

Je vais aujourd’hui vous donner les bases et vous expliquer ce qu’est le Candomblé.

Le Candomblé est une des religions Afro-Brésiliennes pratiquées au Brésil.

Le but de ce texte va être d’introduire le Candomblé par plusieurs thématiques, de poser les bases historiques, la croyance et le culte qui en découle. 

Le Candomblé, c’est une religion qui mélange, rites catholiques, indigènes et rites africains. 
C’est une religion, je vais insister, qui a émergée au cœur de chrétiens qui ont mis en esclavages des indigènes amazoniens, les habitants des terres que ces colons ont exploités, ou encore des hommes qu’ils ont été chercher d’un autre continent, des hommes issues de différentes tribus d’origine africaine, plutôt Afrique de l’Ouest pour le Brésil.

C’est donc une culture et une religion qui a émergée du plus profond de la souffrance et de l’acculturation et je vais préciser ce mot d’acculturation. 
L’acculturation, c’est le fait de perdre et d’être déraciné de sa propre culture. Comme je l’ai dit les personnes originaires d’Afrique arrivaient notamment au port de Salvador de Bahia et étaient séparées par ethnies, séparées par familles, pour perdre toute racine. Ce qui était aussi le cas aussi avec les tribus amazoniennes- Par ailleurs, il faut garder en mémoire que les colons qui venaient pour exploiter les terres étaient essentiellement d’origine Portugaise et que par essence ils avaient eux aussi une partie de leur culture. On est d’accord qu’ils étaient encore en famille mais ils avaient toutefois perdu une partie de leurs racines, c’est-à-dire qu’ils avaient perdu une partie de leur terre. Ils étaient eux aussi dans une forme d’acculturation.

Tous à un niveau ou à un autre se sont retrouvés acculturés, soit par perte de repères en étant transportés d’un continent à un autre, soit par privation de leurs terres sur place. Pour les personnes venant d’un autre continent, elles ont, de plus, dû faire face à une nouvelle culture, une nouvelle nature et un nouveau climat auxquelles elles ont dû s’adapter et en quelque sorte, avec le temps, s’approprier.

C’est dans ce terreau bien particulier qu’est née le Candomblé.

C’est dans ce terreau- là, de cet espèce de triangle, où il y en a, comme les africains eux avaient complétement perdus leurs racines, leurs ethnie, étaient complétement spoliée de leur terre, je pense qu’ils ne savaient même pas où ils avaient atterris dans le monde, les personnes d’Amazonie, les personnes d’origine du Brésil, eux ont eu une acculturation mais pas sur leurs terres mais par séparation de leurs ethnies et la colonisation de leurs terres, les personnes européennes, par migration, par colonisation, ils envahissaient des terres et ils volaient des terres qui ne leur appartenaient pas. Donc ils ont dû aussi s’approprier la culture, la nature qui les entouraient et le climat. Le Portugal et le Brésil, c’est pas la même chose. 

La religion du Candomblé repose sur le principe d’un Dieu unique. Ce Dieu unique est représenté par des ambassadeurs nommés Orixas. Ces Orixas ont toute une mythologie, une personnalité propre et ont donc des histoires Ils sont liés à des éléments de la nature.
On va avoir, par exemple, l’Orixa des « eaux calmes », l’Orixa des « eaux en mouvements », l’Orixa des « eaux salées », l’Orixa du « feu », l’Orixa de « la foudre », l’Orixa du « vent », l’Orixa des « arcs en ciel », toutes ces parties ou manifestations de la nature , comme peut l’être un arc-en-ciel, sont des manifestations divines des Orixas, des manifestations d’essence divine.
La Nature par essence dans le Candomblé, et comme, je pense, dans toute religion et toute spiritualité, la Nature est l’expression simplement du Divin.

Le Candomblé est aujourd’hui une partie intégrante de la culture brésilienne, vous ne pouvez pas marcher dans un quartier sans qu’il y ait un « Terreiro », une église du Candomblé, une voir deux même dans le même quartier, dans la même rue car les racines du Candomblé sont implantées et font partie du patrimoine du Brésil.

Quand on dit « Afro-Brésilien », on revient sur des racines qui sont essentiellement implantées et dont le tronc de base est implanté en Afrique. Notamment au Bénin. Si on se tourne vers la Santeria Cubaine ou le Vaudou Haïtien, il y aura énormément de similitudes, on retrouvera certains mots communs parce qu’il y a des ethnies africaines qui sont arrivées au Brésil et la même ethnie a migrée plus loin pour se retrouver à Cuba ou à Haïti. La tradition parle aussi d’Orixas, en a même qui sont communs après certains ont pris d’autres formes, mais les racines sont dans les mêmes ethnies africaines. 

De ces racines africaines ont émergées le Candomblé, la Santeria Cubaine, le Vaudou Haïtien et il y a eu des branches qui ont poussées et qui ont donné d’autres mouvements spirituels que la culture du pays s’est approprié. Au Brésil, par exemple, on va parler de l’Umbanda, de la Jurema, qui est l’appropriation les peuples autochtones, il va y avoir un brassage qui se fait et qui va faire germer une spiritualité et une religion à part entière avec une culture à part entière.

Revenons un instant au niveau de l’histoire. Il y a des personnes qui sont mises en esclavage et les colons auront un souci important de les évangéliser. C’est-à-dire que les esclaves se verront imposer le baptême chrétien. Pour garder leur foi, des individus d’origine africaine mise en esclavage vont dissimuler derrière des terminologies chrétiennes leur Dieu et leurs divinités africaines. C’est-à-dire qu’ Omulu, qui est le Dieu africain, qui est le Dieu unique, qui est au-dessus de tout, qui est l’Univers.

Orixala ou Oxala suivant la région du Brésil où vous êtes va se cacher derrière Jésus. Les déesses africaines vont aussi pouvoir être représentées dans différentes saintes catholiques. Vous retrouverez aussi Xango, une divinité vénérée énormément au Bénin, honoré aussi au Bénin dans la culture Yoruba, vous pourrez le retrouver représenté au Brésil sous Saint François d’Assise. 

Bien que l’abolition de l’esclavage s’arrête en 1888, la tradition syncrétique elle va quand même perdurer. C’est-à-dire qu’il y a quand même dans ce métissage, il n’y aura pas un moment un rejet des saints catholiques, une personne d’origine brésilienne en général elle va aller à l’église et elle peut aller au temple d’Umbanda de Candomblé, dans un temple Spirit, tout va se mélanger. Et on ne va pas renier et rejeter les saints catholiques après cette période-là. Et le syncrétisme va permettre en plus de protéger la tradition du Candomblé dans une période aussi compliquée dans l’histoire du Brésil parce qu’il faut rappeler que le Brésil a été une dictature entre les années 70 et 80. Et là il y aura une véritable oppression, une véritable guerre contre les temples traditionnels, d’Umbanda et de Candomblé, rejetés par un parti politique qui restera un format esclavagiste et colon et qui veut maintenir une position d’un Brésil uniquement catholique chrétien.

Je sais que moi, mon Père de Saint avait beaucoup été marqué par cette période-là et qu’il avait beaucoup cette inquiétude de se dire « il faut faire attention, est-ce qu’on parle ou on ne parle pas, c’est compliqué parce qu’on pourrait, cette oppression-là elle pouvait revenir. Et il avait vécu de cela de manière terrible, où il fallait être caché. Si vous passez devant la façade de sa maison, on voyait une maison tout à fait normale, tout à fait typiquement brésilienne, et il fallait rentrer à l’intérieur pour arriver jusqu’au temple. C’est-à-dire que de l’extérieur vous ne pouviez pas imaginer qu’il y avait un temple du Candomblé.