“L'écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre.” Jean Rouaud
Un jour, j’ai pris une feuille et j’ai inscrit cette première phrase, « Je m’appelle Namata ».
Trois semaines plus tard, je mettais le point final à cette histoire, en découvrant au fil des chapitres tout ce que Namata – cette femme au coeur de la traite négrière — souhaitait transmettre.
Je m’appelle Virginie, et l’on me connaît aussi sous le titre de Yalorisha, en hommage à mon initiation dans le chamanisme afro-brésilien.
Au-delà de la fascination que j’éprouve à plonger dans son univers, j’ai dû apprivoiser les bruits, les images, les émotions pour les poser sur le papier.
Rester fidèle à son récit et à son message a été un défi, mais je n’étais pas seule.
J’œuvre dans le visible et dans l’invisible. Je n’enseigne pas tout. Je ne montre pas tout. Je garde le silence où le mystère a sa place.
Un livre ne grandit jamais dans l’isolement : mes premiers lecteurs, ce qui ont lu la version manuscrite étaient bouleversés comme si la voix de Namata trouve aussitôt le chemin du cœur de chacun.À travers mes écrits, je porte un message de tolérance et de résilience, nous rappelant que nous ne sommes pas confinés dans nos origines ou nos souffrances du moment.
Il y a un avant, un après, et toujours une lueur au-delà de notre seule personne, de notre seule couleur de peau.
L’écriture, pour moi, est un acte profondément libérateur. Je m’assieds, un stylo à la main, et j’écoute : je deviens la scribe des récits qui m’habitent, qu’ils soient teintés de spiritualité africaine ou du vaudou.