L’auteure

Je n’avais pas prévu d’écrire. J’avais prévu d’autres choses — une carrière, une famille, une vie construite avec méthode. Et puis quelque chose s’est ouvert, au Brésil, pendant une initiation que je n’aurais pas su expliquer à la Virginie d’avant.

Les mots sont arrivés sans prévenir. Pas comme une inspiration romantique — comme une urgence. Une femme africaine du XVIIIe siècle voulait que son histoire existe. Je suis devenue le canal de cette histoire. C’est ainsi que Namata, là où tout commence a été écrit.
Depuis, je n’ai pas arrêté.

Ce qui m’intéresse dans l’écriture, c’est ce qu’elle fait à la mémoire. Les traditions orales africaines ont porté pendant des siècles des savoirs, des récits, des façons d’habiter le monde — dans des corps humains, fragiles, mortels. Quand ces corps disparaissent, les histoires risquent de partir avec eux. L’écriture, pour moi, c’est un pont. Ce que les ancêtres ont porté hier traverse mon présent pour atteindre des lecteurs qui ne sont pas encore nés.

Pour garder une trace de ce qu’ils portaient.

Mes livres ne cherchent pas à convaincre. Ils posent des figures que l’histoire officielle a souvent mal rangées — une femme réduite en esclavage, une grande prêtresse de La Nouvelle-Orléans, des divinités africaines que l’Occident a longtemps confondues avec des superstitions. Je ne prétends pas détenir la vérité sur ces figures. J’essaie simplement de les laisser parler.

Depuis la Suisse, entre deux continents et plusieurs héritages. Cette position de frontière — entre le visible et l’invisible, entre l’oral et l’écrit, entre l’ici et l’ailleurs — c’est de là que j’écris.

Presse & média

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